15/02/2008
La Serbie exhorte le Conseil de sécurité à s'opposer à l'indépendance du Kosovo
NATIONS UNIES - Le ministre serbe des Affaires étrangères a exhorté jeudi le Conseil de sécurité des Nations unies à s'opposer à la déclaration d'indépendance attendue de la province du Kosovo, appelant le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à ordonner l'invalidation de toute proclamation de la sorte de la part de Pristina.
S'adressant au Conseil de sécurité lors d'une réunion d'urgence à huis clos, Vuk Jeremic a averti qu'une déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo constituerait un précédent qui aurait des conséquences dans le monde entier, menant à un "cascade incontrôlée de sécessions".
Il a par ailleurs estimé que la Serbie n'est pas de l'avis que l'option des pourparlers est épuisée, contrairement à ce que soutiennent notamment les Etats-Unis et de nombreux pays européens, favorables à l'indépendance de la province. M. Jeremic a appelé Pristina à revenir à la table des négociations afin de trouver une solution pacifique au dossier, avec l'aval du Conseil de sécurité.
"Nous ne reconnaîtrons jamais l'indépendance du Kosovo", a-t-il martelé. "Pas maintenant. Pas dans un an. Pas dans 10 ans. Jamais. Car le Kosovo et Metohija resteront une partie de la Serbie pour toujours".
Plus tôt jeudi, le gouvernement serbe a adopté une résolution qualifiant par avance d'"invalide et nulle" toute proclamation unilatérale d'indépendance des dirigeants albanophones du Kosovo, qui pourrait intervenir dès dimanche prochain. Le gouvernement serbe a déjà adopté un "plan d'action" secret qui doit être appliqué si le Kosovo déclare son indépendance.
Le ministre serbe des Affaires étrangères a cependant précisé depuis le siège de l'ONU à New York que Belgrade, membre potentiel de l'Union européenne, "ne recourra pas à l'usage de la force, car la violence ne peut mener à une résolution pacifique de la crise du Kosovo".
Le Kosovo, où 90% des deux millions d'habitants sont albanophones, est administré par l'ONU, avec le soutien de l'OTAN, depuis 1999, quand l'Alliance Atlantique a mené une guerre aérienne pour faire cesser la répression serbe contre des séparatistes albanophones.
En avril 2007, l'émissaire spécial des Nations unies pour le Kosovo, Martti Ahtisaari, avait présenté un plan proposant une indépendance de la province sous supervision internationale. Il avait buté sur le refus de la Serbie et de la Russie, qui possède un droit de veto au Conseil de sécurité et a réitéré son opposition à l'indépendance du Kosovo jeudi.
Selon l'ambassadeur britannique auprès de l'ONU, John Sawers, les 15 membres du Conseil sont "également partagés entre ceux qui reconnaissent que le processus est arrivé à son terme, et ceux qui auraient préféré une poursuite des efforts". L'ambassadeur russe Vitali Churkin s'est inscrit en faux, déclarant qu'aucun des pays du Conseil sauf les Etats-Unis et les pays de l'Union européenne n'a "exprimé de soutien tranché" sur la fin des négociations.
Alors que la Serbie a clairement souligné que ses réactions n'auraient aucune implication militaire, M. Churkin a averti le Conseil jeudi contre "un réel danger de violences inter-ethniques renouvelées et une hausse des activités extrémistes au Kosovo et dans les Balkans en général" si la province venait à déclarer son indépendance. AP
16:04 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kosovo, serbie, indépendance, immigration, danger, islam, nation |
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Moscou évoque les conséquences en Géorgie du Kosovo indépendant
MOSCOU (Reuters) - La Russie annonce qu'elle modifiera sa politique à l'égard des deux régions séparatistes de Géorgie, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, si l'indépendance du Kosovo est reconnue.
"Nous tiendrons sans aucun doute compte de la déclaration et de la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo en liaison avec la situation en Abkhazie et en Ossétie du Sud", note le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
La Russie a déployé des forces de maintien de la paix dans ces deux régions séparatistes de Géorgie qui ont combattu les forces du pouvoir central de Tbilissi au début des années 1990 et vivent depuis en quasi-autonomie avec le soutien de Moscou.
La déclaration ne mentionne pas une éventuelle reconnaissance diplomatique de ces deux régions séparatistes.
Citant un peu plus tôt le ministère des Affaires étrangères, l'agence Interfax écrivait que la Russie "ajusterait" sa politique à l'égard de ces deux régions séparatistes de Géorgie. Elle a par la suite rectifié ses informations, retirant toute référence à cet ajustement.
Le Kosovo doit proclamer son indépendance dans les tout prochains jours, sans doute dimanche, avec le soutien des grandes puissances occidentales qui devraient rapidement la reconnaître.
La Russie, qui soutient Belgrade, s'oppose à cette évolution de la province à majorité albanophone du sud de la Serbie, y voyant un "précédent" pour d'autres régions séparatistes du monde.
DEUX POIDS, DEUX MESURES
Jeudi, lors de sa conférence de presse annuelle, le président Vladimir Poutine a déclaré que la Russie avait un plan tout prêt pour réagir à l'indépendance de la province sécessionniste serbe du Kosovo.
"Nous n'allons pas singer (l'Ouest). Si quelqu'un prend une décision idiote et illégale, cela ne veut pas dire que nous ferons de même", a-t-il dit. "Nous n'allons pas les singer mais ce sera évidemment un signal pour nous, et nous réagirons afin de préserver notre sécurité."
Moscou accuse l'Union européenne de faire deux poids, deux mesures en approuvant l'idée d'un Kosovo indépendant alors qu'elle rejette les aspirations d'autres régions à l'émancipation.
Dans la déclaration diffusée vendredi, le ministère des Affaires étrangères évoque en particulier un renforcement de l'assistance financière et de l'aide humanitaire apportées à l'Abkhazie et à l'Ossétie du Sud.
Moscou fournit déjà une aide financière à ces deux régions dont la majorité des habitants disposent d'un passeport russe.
Mais elle s'est abstenue de reconnaître leur indépendance par crainte, avancent des analystes, des répercussions qu'un tel geste aurait sur les mouvements séparatistes actifs sur le sol russe.
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a rencontré vendredi le dirigeant séparatiste abkhaze, Sergueï Bagapch, et le président de l'administration séparatiste d'Ossétie du Sud, Edouard Kokoïti, précise le ministère.
Version française Henri-Pierre André
13:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kosovo, immigration, islam, danger, russie, poutine, occident |
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Rebondissement dans l'affaire du scooter de Jean Sarkozy
PARIS (Reuters) - L'affaire de l'accident dans lequel aurait été impliqué Jean Sarkozy, fils cadet du chef de l'Etat, qui occupe assurances, police et justice depuis deux ans et demi, a connu un nouveau rebondissement avec les réticences d'un expert judiciaire, apprend-on de source judiciaire.
Désigné par le tribunal correctionnel de Paris le 3 décembre dernier, fait exceptionnel dans un litige de ce type portant sur 260 euros, l'expert devait dire si les dégâts constatés sur le véhicule du plaignant, M'Hamed Bellouti, étaient ou non compatibles avec un choc avec un scooter.
Dans une note envoyée aux parties, Michel Gilabert lance une mise en garde sur les limites de sa mission car, dit-il, les faits sont très anciens - octobre 2005 - et il n'est donc plus possible de voir les véhicules dans leur état initial, a-t-on précisé de source judiciaire.
Cependant, contrairement à ce qu'écrit Le Parisien vendredi, l'expert n'a pas jeté l'éponge et confirme dans sa note qu'il réalisera bien le travail pour lequel il est mandaté.
L'affaire sera plaidée le 25 juin prochain avec un rapport de l'expert, concluant ou pas. Jean Sarkozy est accusé d'avoir pris la fuite après avoir endommagé une voiture avec son scooter le 14 octobre 2005, place de la Concorde à Paris.
Son avocat, Thierry Herzog, dit qu'il s'agit d'une affaire montée de toutes pièces et a produit à l'audience de décembre les résultats d'une expertise privée selon laquelle le scooter n'avait pu produire les dégâts allégués par le plaignant.
Ce dernier, qui se dit militant UMP, réclame à Jean Sarkozy 260,13 euros pour les réparations de sa voiture et 4.000 euros de dommages et intérêts.
M'Hamed Bellouti explique avoir saisi le tribunal parce que le commissariat du XVIe arrondissement n'a donné aucune suite à l'affaire et que trois courriers envoyés par son assureur à celui de Jean Sarkozy sont restés sans réponse.
Jean Sarkozy avait déjà attiré l'attention des médias début 2007 quand il est apparu que la police avait eu recours à une recherche d'empreintes génétiques pour retrouver son scooter qui avait été volé. La gauche avait estimé qu'il faisait l'objet d'un traitement de faveur, la recherche d'ADN étant normalement réservée aux affaires importantes.
Thierry Lévêque
12:47 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean sarkozy, scooter, affaires |
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