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08/08/2010

Bruxelles: un commerçant poste son cambriolage sur la Toile

 

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05.08.10

Où s'arrête le droit à l'image, et la protection de la vie privée? Des commerçants bruxellois ont posté, sur un site internet, une vidéo de surveillance montrant des images filmées au moment de cambriolages. Sur les films, les auteurs des vols sont reconnaissables. Mais la pratique est illégale.

Une vidéo postée sur YouTube. On y voit un voleur s'introduire dans un commerce de photocopies, à Ixelles. Il s'empare de six ordinateurs, les évacue un à un, puis s'en prend à la caisse. C'est le patron de la société qui a volontairement mis en ligne ces images de vidéosurveillance.

Sur les images, datant du 12 juillet, on peut y voir le voleur, au visage clairement reconnaissable. Le patron a un but en les rendant publiques : retrouver le voleur par lui-même. Il accompagne d'ailleurs sa vidéo d'un appel à témoins. "J'ai diffusé les vidéos sur Youtube pour que les gens puissent les voir et me donner des informations, s'ils en ont, explique le patron. Parce que cette personne habite quelque part, il a des voisins, donc on finira bien par le retrouver." D'aucun aurait plutôt fait appel à la police, une démarche que le patron a lui aussi entamée. "J'ai demandé à la police, mais vingt jours après les faits, les personnes n'ont toujours pas été données à signaler, poursuit-il. En réalité, on n'a pas beaucoup de choses à faire, si ce n'est chercher nous-mêmes, et montrer à la police tout ce qu'on peut trouver."

Le hic, c'est que c'est interdit

La police n'émet aucun commentaire, et renvoie même vers la commission de protection de la vie privée qui, elle, déclare que la démarche est interdite.

"La loi est très claire, stipule Willem Debeuckelaere, président de la commission de la protection de la vie privée. Non, il ne peut pas le faire. Il est le propriétaire, il peut utiliser ces images pour son propre examen, pour les transférer à la police ou à la justice, mais à personne d'autre. Il ne peut pas les diffuser, ni par une application web, ni par YouTube, ou autre."

Le but, c'est avant tout d'empêcher les dérives comme les règlements de comptes. Et puis mener des enquêtes, rappelle le président de la commission, c'est un métier réservé exclusivement à la police et la justice. Celui qui poste la vidéo sur le net risque une amende allant de 250 à 1000 euros. "Premièrement, on a voulu éviter que quiconque utilise ces moyens audiovisuels, même pour des raisons complètement autres que de retrouver un cambrioleur, précise Willem Debeuckelaere. Quand on peut le faire, on peut l'utiliser simplement pour nuire à quelqu'un. Si je vous filme et que je dis que vous êtes le présumé cambrioleur de mon magasin, il y aura quand même de grands problèmes. Ça, c'est la première raison. La deuxième raison, c'est que l'enquête policière et l'enquête judiciaire, c'est la profession et le monopole de la justice et la police."

C'est à la police ou à la justice que les images prises par la caméra surveillance auraient pu être transmises par le gérant.

A. Didier, B. Boulet et N. Nahjari

Crédit photo : Archive Belga - Image d'illustration

 

Source: RTBF

 

Commentaires du PNF:

Quand la police et la justice sont débordées de travail, n’est-ce pas au citoyen de prendre le relais?

A quand un site web du style “Témoin numéro 1″ ? Ca pourrait être une bonne idée (en hébergeant le site à l’étranger) pour montrer qui sont les délinquants en France…

07/08/2010

Guerre en Irak: une troublante hausse des cancers à Falloujah

Par Marc Vignaud

Une troublante hausse des cancers à Falloujah

Au cours du combat pour le contrôle de Falloujah en novembre 2004, les Américains pourraient avoir utilisé des bombes à l'uranium appauvri.

Les images sont difficilement soutenables. Une petite fille à double tête, un petit garçon à l'abdomen surdimensionné, des bébés atteints d'une maladie grave de peau... Tous ces cas enregistrés à Falloujah ont été rapportés par plusieurs médias internationaux. Depuis 2004, quand cette ville du centre de l'Irak a été le théâtre d'une bataille sans merci entre insurgés et Américains, les témoignages de familles frappées par des cancers ou la mort précoce d'un enfant difforme se multiplient. Au point que certains font le lien avec l'offensive américaine, tandis que le doute persiste sur la nature des armes utilisées.

Une étude publiée fin juillet 2010 par l'International Journal of Environnemental Research and Public Health pourrait leur permettre d'étayer leurs accusations. Mené entre autres par le professeur Chris Busby, professeur associé à l'Université d'Ulster, ce travail valide l'hypothèse d'une mortalité infantile et des cancers anormalement élevés à Falloujah, entre 2005 et 2009. En s'appuyant sur un questionnaire rempli par 4.843 personnes de la ville, les auteurs pointent des chiffres bien supérieurs à ceux constatés en Égypte et en Jordanie. Le risque relatif de cancer est 4,22 fois plus élevé dans la ville irakienne que dans les pays voisins, et 12,6 fois plus important pour les moins de 14 ans ! Pire, les types de cancer constatés sont similaires à ceux développés par les Japonais à Hiroshima après la Seconde Guerre mondiale... Quant à la mortalité infantile, elle est 4 fois plus forte à Falloujah que dans les États comparés depuis 2006. Et, comme à Hiroshima, après le largage de la bombe A, le nombre de naissances de garçons a plongé parmi les enfants de 0 à 4 ans dès 2005. Un dernier élément qui permet d'identifier l'année de la bataille de Falloujah, en 2004, "comme l'année de la contamination environnementale", selon les auteurs de l'étude.

La piste de l'uranium appauvri

Le travail des chercheurs "n'éclaire pas sur l'agent déclencheur de l'augmentation du nombre de maladies". Mais il pose de fait la question. Il va jusqu'à évoquer l'hypothèse de l'uranium appauvri, un composant radioactif qui pourrait avoir été employé par l'armée américaine au cours des combats à Falloujah. Le Pentagone n'a jamais répondu clairement à ceux qui l'accusent d'y avoir eu recours sous la forme de bombes "anti-bunkers". De quoi alimenter les soupçons.

Par le passé, l'utilisation de l'uranium appauvri lors d'opérations militaires a déjà été sujet à polémique. Ce composant est accusé d'être à l'origine de maladies et de décès de plusieurs soldats déployés en ex-Yougoslavie, notamment en Bosnie en 1995 et au Kosovo en 1999, ou encore en Irak, lors du premier conflit. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a même recommandé, en 2008, un suivi des zones touchées par ces armes et leur éventuelle dépollution quand le niveau de contamination constaté s'avère "inacceptable". L'OMS souligne également la fragilité des enfants face à ce type de contamination.

Reste que l'utilisation des armes à l'uranium appauvri est parfaitement légale. Aucun texte international n'interdit d'avoir recours à des armes qualifiées de "conventionnelles". L'armée française se réserve d'ailleurs le droit de s'en servir pour leur capacité unique à "percer les blindages les plus résistants" même si, affirme le ministère de la Défense, elle "n'a jamais eu recours à ces munitions à base d'uranium appauvri sur les théâtres d'opérations sur lesquels elle est déployée".

Source: Le Point

Jean-Marie Le Pen: homme d'Etat visionnaire