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21/09/2011

Si Israël dit "non" à un Etat palestinien à l’ONU, à quoi dira-t-il oui ?

Dans le Haaretz, un éditorialiste [Gideon Levy] explique que le gouvernement israélien se trompe de stratégie.

Tirant les conséquences de l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations avec Israël, les Palestiniens comptent déposer le 23 septembre aux Nations unies une demande d’adhésion en tant qu’État.

Face à cette démarche, la communauté internationale est divisée. Les opinions publiques aussi.

En Israël, le gouvernement a clairement exprimé son rejet de l’initiative palestinienne. Mais certaines voix se font entendre qui appellent à soutenir la création d’un État palestinien.

Mercredi, "une coalition d’organisations israéliennes pour la paix a publié une liste de 50 raisons devant inciter Israël à soutenir un État palestinien", rapporte le journaliste israélien Gideon Levy, dans un éditorial publié dans les colonnes du Haaretz.

"Si l’on assume que l’on ne peut accepter que 5 (des 50 raisons présentées), cela n’est-il pas suffisant ?", écrit l’éditorialiste. "Les Palestiniens (…) n’accepteront pas de vivre sans droits civiques pour 42 années supplémentaires. Nous allons devoir nous habituer au fait que le monde ne l’acceptera plus non plus", ajoute-t-il.

"Qu’allons nous à dire au monde la semaine prochaine à l’ONU ?", demande M. Levy. "La vérité va apparaître : Israël ne veut pas d’un État palestinien", ajoute-t-il. Mais les responsables israéliens n’ont "aucun argument contre l’établissement et la reconnaissance internationale d’un tel État" et ne peuvent démontrer que "les Palestiniens ne méritent pas d’avoir leur propre État", affirme-t-il encore. "Même le meilleur orateur ne sera pas capable (…) d’expliquer la logique israélienne" devant les États du monde, ajoute-t-il.

"Notre argument est-il que nous nous opposons à une telle mesure unilatérale ? Mais y a-t-il (une mesure) plus unilatérale que les colonies que nous insistons à continuer à construire ?, poursuit M. Levy. Ou peut-être que nous dirons que la voie vers un État palestinien passe par Ramallah et Jérusalem, pas New York (…) Mais l’État d’Israël a lui-même été créé, en partie, aux Nations unies".

L’éditorialiste reprend également une série d’arguments utilisés par le passé par l’État d’Israël pour expliquer son opposition à un État palestinien en précisant que ces arguments n’existent plus aujourd’hui.

"Il y a 32 ans, Israël a signé un accord de paix avec l’Égypte dans lequel il a promis de reconnaître les droits légitimes du peuple palestinien" et d’établir une entité autonome palestinienne sous cinq ans, rappelle ensuite M. Levy, en précisant que cela n’a jamais eu lieu. De même pour les promesses faites lors de la signature des accords d’Oslo il y a 18 ans d’"arriver à un accord final avec les Palestiniens, comprenant les questions centrales, dans une période de 5 ans", ajoute-t-il.

Il est alors devenu clair pour les Palestiniens qu’Israël ne veut pas d’un État palestinien. Ils ont alors choisi "de mobiliser le monde" en faveur de leur cause, explique M. Levy, qui considère qu’il n’existe pas d’alternative à la création d’un État palestinien. De plus, qui pourrait nier que "l’hostilité régionale envers nous (aurait) diminué si l’occupation avait déjà pris fin et qu’un État palestinien avait été établi ?", ajoute-t-il.

En guise de conclusion, l’éditorialiste adresse la question suivante à "celui qui représentera (Israël) à l’ONU la semaine prochaine : Pourquoi un ’non’ de nouveau ? Et à quoi dirons nous ’oui’".

publié par l’Orient le Jour

http://www.lorientlejour.com/catego... et France-Palestine

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