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18/01/2012

Vague d'assassinats de scientifiques iraniens: cette guerre secrète en Iran alimente les tensions

LONDRES (Reuters) - La mystérieuse vague d'assassinats et d'incidents affectant le programme nucléaire iranien est certes susceptible de ralentir les efforts de la République islamique dans ce domaine, mais elle risque aussi de renforcer sa détermination en piquant sa fierté.

Mostafa Ahmadi-Roshan est devenu le 11 janvier le quatrième scientifique nucléaire assassiné en Iran en deux ans. A chaque fois, la méthode est la même et digne d'un roman d'espionnage: deux personnes à moto se faufilent jusqu'à une voiture; le passager de la moto colle une petite bombe magnétique sur une portière; quelques secondes plus tard, la bombe explose tandis que la moto a déjà disparu dans la circulation.

"Dix sur dix. Ils frappent leur cible et personne ne se fait attraper", juge Robert Ayers, ancien agent des services secrets américains interrogé par Reuters. "Ce qui rend la chose particulièrement impressionnante, c'est qu'ils ont accumulé une somme d'informations et qu'ils ont effectué leur travail préparatoire sur le terrain, ce qui peut prendre des mois."

Sidney Alford, expert britannique en explosifs, souligne que la technique employée est "professionnelle". "Cela a marché et très bien marché", dit-il.

Un cinquième scientifique iranien visé par une explosion similaire a tout de même réussi à y échapper.

Cette vague d'assassinats n'est qu'une facette des multiples épisodes énigmatiques touchant le programme nucléaire iranien: la République islamique affirme ainsi que d'autres chercheurs ont été enlevés; un virus informatique (Stuxnet) s'est immiscé dans ses installations nucléaires; une puissante explosion survenue en novembre dans une caserne et qualifiée d'accident par l'Iran a coûté la vie à une dizaine d'officiers du corps des Gardiens de la révolution, dont le général Hassan Moqqadam, qualifié par le régime d'"architecte" de la force de dissuasion iranienne.

Cette campagne apparente de sabotage survient alors que les Etats-Unis et leurs alliés européens renforcent leurs sanctions contre l'Iran en raison de son programme nucléaire. Les Occidentaux accusent la République islamique de chercher à se doter de l'arme atomique, ce que Téhéran dément.

ISRAEL, PRINCIPAL SUSPECT

Ali Vaez et Charles D. Ferguson, de la Fédération des scientifiques américains, ont récemment écrit que "de tels actes terroristes" ne retarderaient ni n'entraveraient probablement pas durablement les efforts iraniens.

"Le climat d'insécurité qui en résulte fournit aux radicaux de Téhéran des munitions pour exiger des représailles", disent-ils.

Au lendemain de l'assassinat d'un quatrième scientifique, les autorités iraniennes ont ainsi affiché leur détermination à poursuivre leur programme nucléaire tout en mettant en cause Israël.

"Si Israël pense qu'il peut entraver nos recherches avec quatre attentats, cela illustre la pauvreté de ses réflexions (...) Tout le monde va pouvoir constater qu'on ne peut pas nous arrêter avec de tels actes", a déclaré le président du parlement iranien, Ali Larijani.

Le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a assuré mercredi que son pays était "très loin" de vouloir attaquer l'Iran pour détruire ses installations nucléaires et l'empêcher d'acquérir la bombe atomique.

L'Etat hébreu est pourtant considéré à Téhéran comme le principal suspect pour tous ces incidents. Les responsables iraniens se souviennent notamment que le bombardement israélien d'un réacteur nucléaire irakien en 1981 avait été précédé d'une vague similaire d'assassinats et d'actes de sabotage imputée à Israël.

Si les responsables israéliens rejettent officiellement toute responsabilité dans les problèmes rencontrés par le programme nucléaire iranien, leurs réactions sont parfois sujettes à interprétations.

"Il y a des pays qui imposent des sanctions économiques et il y a des pays qui agissent de manière différente face à la menace nucléaire iranienne", a ainsi déclaré Dan Meridor, ministre israélien du Renseignement, après une mystérieuse explosion en novembre près d'Ispahan.

DIVERGENCES USA-ISRAEL?

La multiplication des incidents risque d'alimenter la colère des dirigeants iraniens et renforce le risque d'un accrochage entre forces américaines et iraniennes dans les eaux du Golfe.

"A l'évidence, le grand risque, c'est que, les Iraniens pointant rapidement du doigt Israël ou les Etats-Unis, ils ne se retiennent pas particulièrement de lancer des attaques asymétriques avec le risque de déclencher une spirale de violences", dit John Cochrane, spécialiste des questions de défense au sein d'Exclusive Analysis, institut basé à Londres.

"L'acteur clé, c'est Israël. C'est l'Etat qui se considère menacé dans son existence même et qui a la capacité de frapper", ajoute-t-il.

Certains observateurs pensent percevoir des différences d'approche entre les Etats-Unis et Israël.

Après l'assassinat commis le 11 janvier à Téhéran, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déclaré que les Etats-Unis étaient étrangers à "tout acte violent commis en territoire iranien" et qu'ils condamnaient de tels actes.

Gary Sick, ancien responsable américain et expert des questions iraniennes, écrit: "Le gouvernement américain n'était pas intervenu de cette manière après les précédents assassinats. Si l'auteur est, comme presque tout le monde le pense, Israël, alors cela constituait une sérieuse mise en garde contre toute interférence dans les efforts diplomatiques américains."

Selon cet expert, si Israël n'est pas convaincu par la voie diplomatique, l'administration du président américain Barack Obama redoute en revanche les conséquences d'un conflit avec l'Iran et "a décrété qu'un retour sur la voie de la négociation était essentiel".

Le Suédois Hans Blix, ancien directeur général de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA), abonde dans ce sens: "Pour le moment, ça parle fort. Mais il me semble évident que l'administration Obama, qui ne peut pas se permettre de donner une image de faiblesse et qui dit que 'toutes les options sont sur la table' (...) que l'administration Obama ne veut pas d'une guerre ou de bombardements. C'est assez évident.

"Il est évident que l'opinion publique américaine est lasse de la guerre."


Source: Yahoo / Reuters

« Les nouveaux chiens de garde », le film qui accuse les médias (France 3, CSOJ)

France 3 Ce soir ou jamais le 18/01/2012

Cliquer ici pour voir la vidéo.


Extraits des nouveaux chiens de garde :

Sarkozy et Laurent Joffrin

Drucker, Lagardère, Elkabach

Alain Minc

Michel Field

Julliard, Olivennes, Demorand, Joffrin, Bompard, Arlette Chabot, Poincaré, Israelewicz, Fottorino

BHL

 

via fdesouche.com

Allemagne : une musulmane enceinte consulte un médecin homme. Le mari tue le bébé à coups de poing

Un musulman a frappé plusieurs fois sa femme dans le ventre parce qu’elle avait consulté un médecin homme. Les coups de poing ont provoqué une hémorragie cérébrale du bébé.  La mère en était à 7 mois de grossesse. Malgré un accouchement en urgence, le bébé est mort peu après.

L’enfant n’étant pas encore né, l’homme ne sera pas inculpé pour meurtre mais pour « avortement ».

Source : web.de via Fdesouche.com

Violences et banlieues : plus de thermomètre, plus de problème

 

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L'habitude d'une Saint-Sylvestre sans chiffres quant aux violences et destructions s'est maintenant installée. Le thermomètre, c'est le problème.

On avait connu l'enterrement de l'indicateur des violences urbaines qui dérangeait le ministre de l'Intérieur en 2002, M. Sarkozy.

On avait connu la non-diffusion des chiffres au niveau central en 2009, qui avait conduit à une sous-estimation divulguée par la presse à partir du recoupement des chiffres des préfectures. On a connu en 2010 l'interdiction de toute communication aux préfets.

L'année passée, le ministre de l'Intérieur de l'époque Brice Hortefeux avait annoncé à Maisons-Alfort qu'il n'y aurait « pas » de bilan du nombre des voitures brûlées au cours de la nuit de la Saint-Sylvestre :

« J'ai pris la décision de mettre fin au concours, au palmarès, et de ne plus communiquer sur le nombre de véhicules brûlés. »

Cohérent avec lui-même, il avait déjà adopté ce principe le 14 juillet 2010 en interdisant à ses services de donner des informations sur ces délits.

Triste idée de la démocratie

Monsieur Guéant a pris le relais depuis quelques mois à la tête de l'Intérieur. Les bonnes orientations ne changent pas. Les responsables politiques et ceux des organismes chargés de la statistique auront, durant ce mandat présidentiel, fait reculer la transparence des chiffres de la délinquance pour la Saint-Sylvestre.

Triste idée de la démocratie et de la société de l'information. La situation en banlieue mérite sans doute qu'on n'en parle pas. Les Français sont trop sots pour comprendre.

Après avoir restreint la communication au niveau central, puis après avoir interdit aux préfectures de communiquer, cette année, toute forme de communication y compris par les autorités locales semble avoir été éradiquée.

Dans la presse locale, ici et là, on voit quelques informations partielles sur les destructions de véhicules.

Ainsi, dans l'Est de la France, une quarantaine de véhicules ont brûlé à Mulhouse et dans ses environs, selon le décompte d'un correspondant de l'AFP. Dans l'agglomération de Strasbourg, plus d'une dizaine de voitures ont été incendiées, selon des décomptes effectués par les Dernières Nouvelles d'Alsace et France Bleu Alsace.

Ailleurs, dans les Alpes-Maritimes, dix-sept voitures ont été incendiées, essentiellement à Nice dans des quartiers sensibles, selon la préfecture. 24 personnes ont été interpellées.

A Paris et sa petite couronne, « aucun incident majeur » n'est venu troubler la nuit de la Saint-Sylvestre, s'est également félicitée la préfecture de police de Paris. Dans les Yvelines, une rixe a impliqué près de 80 personnes.

Le ministre annonce que tout va bien

On aura rarement connu une telle pauvreté informationnelle concernant un événement important qui en dit long sur les tensions socio-économiques et socio-ethniques. Certes, on pourra toujours publier des moyennes annuelles, mais en quoi sont-elles assez spécifiques pour nous éclairer ?

Comme toutes les moyennes, elles ne renseignent pas sur ces moments particuliers, ces phénomènes d'affrontement et de destruction aux dates anniversaires.

L'époque de la vérité officielle est intéressante à vivre, pourvu qu'elle ne dure pas. Le ministre annonce que tout va bien. La France a passé le cap du nouvel an 2012 « dans le calme et sans incident notoire », s'est félicité dimanche le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant. La preuve ? C'est qu'on ne vous donne aucun chiffre pouvant être vérifié. Intéressant, n'est-il pas ? Puisqu'on vous dit « aucun événement majeur »...

Les justifications font peine à entendre. A propos des voitures brûlées, « comme l'année précédente, aucun chiffre ne sera communiqué pour éviter toute surenchère ou compétition entre villes », indique le ministre.

Interdire les chiffres sur les maris violents ?

Avec une telle justification, on devrait se préparer à interdire la diffusion des chiffres portant sur les attaques à main armée (ça peut donner des idées), mais aussi celle sur les maris violents (ça peut favoriser le passage à l'acte), ou pourquoi pas sur les homicides (pour éviter les vocations).

Et si la publication des chiffres de la démarque inconnue encourageait le vol en supermarché ? On garde le tout sous le boisseau. Et on imagine la fortune du principe appliqué au chômage : si on pouvait suspendre la publication, sans doute arrêterait-on de se focaliser sur ces chiffres qui démoralisent les Français.

Ne faudrait-il pas supprimer toute publication des chiffres ? Et également des organismes qui les diffusent et les discutent. En fait, si seuls l'Etat et ses services disposaient des informations sur ce qui se déroule dans la société, tout irait bien mieux.

Un modèle de raisonnement inquiétant. Il sera intéressant de suivre ce qui se produira lors de l'alternance, maintenant ou un peu plus tard. Créer un organisme indépendant d'observation et de suivi des violences et confrontations sociales est nécessaire. S'il s'avère qu'il ne peut être attaché au gouvernement, il faudrait sans doute qu'il prenne une autre forme, plus liée à la société civile et aux échelons locaux de la démocratie, plus enclins à prendre en compte les demandes des usagers.

Ne pas diffuser les informations est dangereux

Les informations sur la délinquance sont collectées par des fonctionnaires payés par nos impôts. Elles appartiennent aux citoyens et pas au ministère de l'Intérieur ou au gouvernement. L'annonce du refus de publication de tout élément qui permettrait d'évaluer une politique est-elle une bonne politique ? Certes non. Ne pas diffuser les informations est dangereux.

Il y a un conflit d'intérêts évident, puisque c'est celui qui dirige la police qui décide de l'opportunité de la diffusion des informations. La leçon qu'on peut en tirer est que la diffusion de l'information qui appartient au public ne doit pas être laissée au ministre de l'Intérieur (ou a tout autre décideur qui est juge et partie). Elle doit être confiée à un tiers, indépendant neutre et garant des libertés, ici celle d'une juste information.


Le problème des banlieues est bientôt réglé

Comment digérer une telle régression ? Le tarissement de la discussion informée est pénible à avaler, car elle est le socle sur lequel s'est construite la démocratie délibérative, dans l'espace public qu'avait analysé le philosophe Jurgen Habermas en son temps.

L'espace public existe quant les citoyens ont le droit et les moyens de discuter de leurs affaires. La sécurité quotidienne, c'est bien leur affaire.

Comment admettre ces pratiques et les positions de ceux qui les soutiennent ? Difficilement. Mais, la presse nationale semble s'en accommoder, nul ne critique cette habitude nouvelle cette année. Peut-être que si un organe critiquait la politique de non-information, il serait à l'avenir privé d'information, qui sait ?

Plus d'indicateur des violences urbaines depuis dix ans. Plus d'indicateur des destructions et violences lors de la Saint-Sylvestre depuis deux ans. Plus de thermomètre, plus de problème. Encore un petit effort, le problème des banlieues est bientôt réglé.


Sebastian Roché
Directeur de recherche au CNRS


Source: Rue89